Jeudi 20 octobre 2011 4 20 /10 /Oct /2011 19:16

A celui ou celle qui s'attendait à un nouvel article, désolé de le décevoir.
Je poste ce message pour dire que j'arrête mon histoire faute de temps et d'inspiration. Peut--être que l'envie de réecrire me prendra d'ici quelques temps quand un scénario et des personnes plus travaillés se feront sentir.

Je m'excuse pour ceux qui ont accroché et qui attendaient des révélations et un bouquet final mais quand le coeur n'y est plus, ça se ressent dans l'écriture.
En tout cas, merci de m'avoir accueil dans cette première expérience littéraire, et peut-être à bientôt.

 

Dahikel.

Par Dahikel
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Vendredi 5 août 2011 5 05 /08 /Août /2011 21:53

« Chantal Dulac ? » questionnai-je d’emblée.
Dans l’entrebâillement de la porte, je pus lire la surprise et la méfiance dans ses yeux. Les iris noisette me fixaient intensément. Sans doute la propriétaire des lieux songeait à appeler la police dans un coin aussi tranquille d’Etain. A peine elle entrouvrît l’entrée de son domicile que j’imposais ma présence d’un pas en sa direction. Sa réaction fut immédiate et instinctive, la porte se referma.
D’une main, je stoppai son geste. De la stupeur à l’effroi, elle s’écria :

- Que me voulez-vous ? Sortez de ma terrasse ou j’appelle la gendarmerie !

Coriace la vieille.

- C’est eux qui m’ont parlé de vous. Vous êtes bien Chantal Dulac ? On m’a dit que…
- Je ne dirai rien ! me coupa-t-elle. Vous êtes qui d’abord ?

Vraiment coriace...

- Je m’appelle Logan Fabre, je recherche…
- Fabro ? m’interrompu-t-elle une seconde fois.
- Fabre ! Je m’appelle Logan Fabre. Maintenant écoutez-moi s’il vous plait.

La vieille s’immobilisa comme si je m’apprêtais à lui annoncer une terrible nouvelle. Mentalement, je calculais chacun de mes mots pour faire mouche du premier coup et la sensibiliser à ma situation. Dans mon dos, les rafales de vent n’aidaient en rien à ma concentration. Aussi, je sentais que les intempéries hivernales agaçaient la petite dame. Son regard virevoltait tantôt vers moi, tantôt vers un point situé derrière les cloisons du pavillon.
Je me décidai à parler. Je mentis sur ma venue, prétextant que j’étais à la recherche des Lefebvre, dont leur fils Jacques demeurait mon cousin. Suite à son décès, je devais m’entretenir avec ses parents qui auraient déménagé mais que leur adresse reste à ce jour inconnue. Bien entendu, cette vieille peau m’arrêta dans mes inepties et m’invita à rentrer. Plus par soucis de chauffage à mon avis.
L’intérieur du mobilier était modeste pour tout dire. Je pénétrai dans un couloir qui offrait une jonction dans toutes les pièces de la maison. Sur ma gauche se situaient deux chambres d’enfants dont la dame Dulac prit soin de fermer une fois parvenue en son seuil et m’indique la porte de droite vers le salon. Composée d’une table rectangulaire en chêne, d’un assortiment de fauteuils et même d’un divan, les meubles semblaient figés dans le temps. La décoration, essentiellement constituée par des babioles en tout genre s’harmonisait avec le ton du pavillon.
Par politesse, je lâchai un « C’est charmant c’est vous. ». Que nenni. Elle en avait rien à foutre. Sans sa permission, je m’assis sur l’une des chaises en chêne dont l’assise en paille fut un régal pour mon fessier. Elle revînt avec un jus de fruit à mon attention et se posa face à moi. Une gorgée et je poursuivis :

- Donc Madame Dulac, quand j’ai demandé à la gendarmerie de me renseigner sur les Lefevbre, ils ont été incapable de répondre à mes questions. En fait, ils m’ont simplement donné leur ancienne adresse avec le nom du propriétaire actuel.
- Buvez votre jus.
- Pardon ? répondis-je, pris de court.
- Buvez, c’est bon pour un jeune homme comme vous.

Ma mémoire me joua un tour et se tourna vers Kevin Buck. J’avais surpris une fois l’une de ses conversations avec Damien. Il vantait les mérites d’un jeu vidéo appelé « Heavy Rain », où une journaliste questionnait un ancien docteur qui vendait des médicaments sans ordonnance. Celui-ci lui proposait de boire quelque chose. Le joueur, au choix, pouvait choisir de boire ou non, ne sachant pas que la boisson contenait un somnifère. En buvant le contenu, le joueur devenait à la merci du psychopathe. Evidemment, la folle envie de Kevin le poussa à aller au bout du trip. Le joueur finit par se prendre une meuleuse dans le dos pour terminer en délire nécrophile. Qu’est-ce qu’on peut pas faire pour satisfaire l’appétit morbide des jeunes de nos jours. Dieu… je deviens vieux.
Dans le doute, je bus une gorgée et prit le temps de la questionner sur elle, avant d’engager les hostilités.

- J’ai vu que vous avez des enfants. Ils…
- Un seul en fait. (Ca devient vraiment une habitude de me couper chez elle), il suit un baccalauréat Scientifique au Lycée Marguerite de Verdun.
- Il s’en sort ?
- Mon garçon est premier de sa classe. Et affectionne particulièrement les sciences. C’est un si beau garçon. Il s’appelle Damien.
- Encore… ironisai-je.
- Vous dîtes ?
- Rien. Vous en parlez comme une fierté, vous n’avez pas de mari ou d’autre enfant ?
- Mon mari est parti pour l’Afghanistan depuis plusieurs mois. J’attends son retour avec impatience. Pour tout dire, je suis seule. Quant à Damien, il n’a d’intérêt que pour ses livres sur la génétique, la physiologie. Tout ce qui peut composer le corps humain. Il est férue de cela et compte bien devenir un scientifique.

Quel cas désespéré cette famille. J’allais en venir au fait quand elle me sortit un terme. Atypique, et qui eu sur moi un étrange pouvoir. « Gémellologie ».

- Qu’est-ce que c’est que ça ?
- L’étude des jumeaux. Et un sujet qui fascine le plus Damien. J’avais deux jumeaux à la naissance. Notre petit enfant et un qui n’a jamais vu le jour. Il est mort à la naissance.
- Désolé, répondis-je machinalement, sans once de pitié.
- Durant l’enfance de mon fils, les médecins ont décelé un malaise. Comme un manque. A l’époque je lisais des études réalisées sur des jumeaux monozygotes. Savez-vous ce que c’est ?
- Pas vraiment non.
- Les jumeaux monozygotes, à l’inverse des jumeaux dizygotes, partagent le même patrimoine génétique. Seulement, on distingue quatre forme de jumeaux monozygotes. Les termes sont bien trop techniques, je n’arrive pas à tout mémoriser. Seulement, dans le cas de ma grossesse, j’avais des jumeaux monozygotes monochorioniques et biamniotiques.
- Ca devient très compliqué, dis-je en me massant les tempes.
- Pour faire très simple jeune homme : un placenta mais deux cavités amniotiques. Cela expliquait par exemple que l’un des jumeaux mangeait plus que l’autre. A la naissance, les deux jumeaux ont une différence de taille et de poids.

Je buvais mon jus d’un trait. Tant pis si y avait de la drogue.
Elle reprit :

- Les médecins ont diagnostiqué un trouble psychologique. Inconsciemment, il apparaissait que Damien avait des troubles psychologiques. Troubles du langage, du comportement relationnel et alimentaire. Un pédopsychiatre fut assigné pour l’accompagner jusqu’à l’âge adulte, et encore aujourd’hui il entretient avec lui. Les années passants, on a su qu’il n’a pas supporté la perte de son frère jumeau.

Elle marqua une pause terriblement longue durant lequel je fixai intensément le fond de mon verre vide.

- Je suis désolée de vous avoir parler de tout ça, mais j’ai parfois besoin de m’exprimer. A notre âge, nous ne souhaitons que de la reconnaissance. Je m’excuse par ailleurs de m’être montrée agressive. Si peu de gens viennent me voir que j’en oublie l’hospitalité.
- C’est pas grave, j’ai un peu l’habitude ces derniers temps. Vous permettez qu’on parle des Lefebvre ?

Chantal Dulac acquiesça.

- Avez-vous connu les Lefebvre personnellement ?
- Lors de la vente de la maison oui. Hélène Lefebvre et moi-même avons participé à l’inspection des lieux.
- Hélène… répétai-je songeur.
- Oui, un très beau prénom je trouve. En revanche son mari, je ne m’en rappelle plus. Donald, Dimitri, quelque chose comme ça. J’ai éprouvé de la peur à sa première rencontre. Un homme détruit par le chagrin mais avec une imposante stature. A l’époque il me faisait penser à mon mari. Grand, solide et costaud. Un homme bien bâti pour sûr.
- Ils ont dit quelque chose de spécial ? Un lieu, une nouvelle adresse ? Quelque chose ? persistai-je.
- Non. Rien en ma présence mais ils ont divorcé peu de temps après. Ils n’ont pas su se soutenir mutuellement. Quelle triste sort pour cette famille.

Intérieurement je soupirai. Une fois de plus je ne tirerai rien de cette femme. Je tournai encore et toujours en rond.
Je me levai, la remerciai et m’apprêtai à partir quand elle me retînt par le bras.

- Elle était venue avec un petit garçon, plus âgé que le mien. Le sien probablement, en deuil de son propre frère. Je lisais dans ses yeux la même souffrance que dans votre regard.Voici une adresse pour vous. Cette femme a perdu la tête avec les années mais elle a assisté à l’accident près de Verdun d’après certains témoignages.Vous devrez passer par le cimetière en revenant, la maison est isolée sur un petit sentier. Vous ne vous tromperez pas.
- Merci Madame Dulac.

J’empochai l’adresse et partit en route du cimetière en me couvrant du mieux que je pus.
Je marchai parmi les morts, ensevelis sous le marbre, la pierre, la neige et la terre. Les édifices étaient disposés de manière symétrique autour d’une même statue. Un ange dressé vers le ciel. Une impression se fit ressentir dans mes doigts. Des picotements. La sensation du déclic sans la solution.
J’avançai encore et vis quelqu’un.Je fus surpris de voir quelqu’un malgré ce temps de merde et encore moins agenouillé sur l’une des tombes, entrain de parler. D’habits sombres, la tête baissée en direction de l’édifice de marbre. L’individu s’exclamait seul. Le bruit du vent couvrait mes bruits de pas et ses paroles. Je ne distinguai qu’entre deux bourrasques les mots « Rois », « Mammon », « Asmodée », « Pardon », « Destin » et le plus marquant, « Papa »…
Sur ce dernier mot chargé de tristesse, l’homme leva la tête et me fixa. Il s’agissait de Camille. Les joues ruisselantes de larmes.
Plus choquant encore, un simple coup d’œil confirmait mes premières impressions : je connaissais ce cimetière.

Par Dahikel - Publié dans : Logan Fabre
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Dimanche 10 juillet 2011 7 10 /07 /Juil /2011 14:30

Tout était blanc.
A mon réveil, une lumière m’aveugla. Vive. Chaleureuse. Je laissai un temps à mes yeux qu’ils s’habituent de cet éclat lumineux. A bout de quelques instants, je discernai le soleil. Haut et rayonnant dans le ciel dépourvu de nuage. « Comme c’est agréable » songeai-je.

L’odeur de moisi qui saturait l’espace me tira de ma torpeur. Je pris conscience d’où je me trouvais.

- Salut Logan, bien dormi ? commença Camille.
- Si on excepte la puanteur de ta caisse, c’est passable.
- On s’y fait à la longue.

Il me tendit un sac.

- Petit déjeuner. Je me suis arrêté en chemin pour prendre des croissants. Je ne voulais pas te réveiller.
- Merci. J’apprécie le geste.

J’engouffrai ma main dans le sachet pour en ressortir un pain au chocolat. La chaleur de la viennoiserie et la pâte luisante au soleil eurent le mérite de mettre mon estomac dans tous ses états. Je croquai à pleines dents. Dieu que c’était bon.
Camille me laissa profiter de cette délectation comme d’un rituel religieux où le moindre bruit était proscrit. Sous ses airs bourrus, ce mec avait du bon finalement.
J’attaquai un deuxième, puis un troisième en finissant toutes les provisions. Sans même jeter un regard, je sentis le sourire narquois de mon conducteur.
Comme si je lisais dans ses pensées, je dis :

- J’ai pas bouffé depuis un bail.
- Je comprends. Ne t’en fait pas. Au fait, je ne voulais pas perturber ton activité gourmande mais nous arrivons bientôt. Pour informations nous sommes actuellement sur la départementale 603 et nous avons dépassé le lieu de l’accident des Lefebvre.
- Quoi ? demandai-je, irrité. Tu aurais dû me réveiller et inspecter.
- Tu te vois fouiller la route sur une départementale ? rétorqua Camille sur un ton calme. Ca circule trop pour que l’on s’arrête et c’est un drame qui date de plusieurs années. Tu perds ton temps sur cette voie. Concentrons-nous les Lefebvre à Etain.
- Comment tu comptes les retrouver ?
- Bah c’est pas dur, tu choppes le premier bar venu et c’est bon je pense. Sinon nous irons à la gendarmerie d’Etain. Un renseignement ne coûte rien.
- Pas quand on est recherché.
- Il n’y a pas la queue d’un flic par ici, et à moins que Céline t’ait balancé une deuxième fois je doute qu’on s’intéresse à toi ici. Tu me laisses faire. C’est ma ville. Mon domaine.

Camille poursuivit la route.
Nous arrivâmes à Etain dix minutes plus tard. La ville, recouverte de neige était semblable à ses voisines. D’une linéarité sans précédent non sans rappeler Adamswiller, nous traversâmes un petit pont avant d’atteindre le cœur de la commune. Mon regard fut attiré par une église. L’Eglise Saint-Martin précisa Camille sur un ton lugubre. D’une architecture datant de plusieurs siècles, l’église Saint-Martin demeurait écrasée sous le poids de la neige. Ensevelie, elle n’en perdait moins son charme. A gauche de la bâtisse se dressait l’horloge, sombre dont la croix en son sommet semblait défiait les dieux mêmes. Le parvis, pourvu d’un jardin noyée sous les péripéties accueillait en son centre un ange tel un protecteur, située de part et d’autre de deux escaliers menant à l’entrée de l’église. Un magnifique édifice. Si ma haine pour la religion ne venait pas entacher un si beau tableau.
Le véhicule continua sa route et se succédaient toutes enseignes confondues. Laverie, banque, boulangerie, magasin Sept à Huit. Passée une intersection, Camille se gara près d’une esplanade bordée d’arbres morts. Un nouvel édifice se présentait face à moi.
- Je te présente la mairie, dit Camille jovialement. Mais nous n’irons pas voir Picart. Je te propose mieux : d’aller boire une binouze !
- Tes initiatives dans mes recherches sont aussi plates que tes blagues.

Camille ne releva pas. Il prit la tête du groupe et me conduisit dans un bar qui faisait l’angle de la rue. « Le Café des Sports ».
Un bureau de tabac qui proposait également de servir des boissons. Original. Le tout dans une décoration rétro. A notre entrée, les relents de café emplirent nos narines. De si bon matin, l’odeur n’était pas désagréable. Le gars au comptoir nous salua : « Bien le bonjour messieurs, que puis-je pour vous ? » Amical, plein d’entrain. L’homme en question était dans la quarantaine, un visage légèrement creusé par les années et des petits yeux bruns enfoncés dans leurs orbites.
Camille prit la parole :

- Bonjour, je prendrai une pression s’il vous plait et un jeu à gratter. Un numéro fétiche. Le sept.

Les deux tournèrent leur regard à l’unisson vers moi.

- Euh… ? Juste de l’eau pour moi.
- Tu sais si je n’avais vendu que de l’eau, j’aurai pas eu ma place ici, rétorqua-t-il en riant de bon entrain. Allez prends un expresso, nous le faisons à un euro ici.
- Ca marche, me laissai-je tenter.
- Par contre, pour toi je veux ta carte d’identité, pointa le barman vers Camille.
- C’est une blague ? J’ai plus de dix-huit ans !

L’individu sortit sa carte et la présenta à l’homme. Il la lut et écarquilla ses yeux.

- Un Fabro ? T’es le fils de Pascal ?

 

Camille répondit à la positive sans émettre un son. Quelque chose dans son attitude me mit mal à l’aise. Pour une raison ou une autre, son passé surgissait lui aussi. J’éprouvai de la compassion pour lui sans savoir de quoi il s’agissait. Pourtant j’étais près à parier que la nouvelle ne tarderait pas à tomber.

- Ca fait un bail que je n’ai plus vu de Fabro ici, depuis la mort de ta grand-mère. Ici il ne reste que les Breda. J’imagine que tu iras voir ton père.
- Oui, ça fait un moment que je ne l’ai pas vu.
- Je pense que ça lui fera plaisir. Tiens, voilà ta bière, l’expresso et le jeu.

 

Camille revînt vers moi le regard sombre. Ses yeux m’ordonnaient de ne pas ouvrir la bouche, de taire tout commentaire à son sujet. Il désigna une place et nous consommèrent nos boissons.
L’intérieur du café était conviviale avec de la peinture chaude et un mobilier ancien. Nous étions assis sur de vieilles banquettes en cuir rouge. Autour de nous étaient disposées plusieurs tables rondes drapées comme les restaurants d’antan. Sur les murs figuraient toutes sortes de peintures d’ambiance et de lumières murales. Au comptoir, trônait l’hypothétique collection de tout bureau de tabac, divers paquets de cigarettes, de journaux.
A contempler cette décoration atypique, je me plaisais ici. Mais la fête ne durerait pas.
Camille gratta son numéro fétiche et perdu. Le barman vînt à notre côté avec un deuxième jeu. « Offert par la maison » dit-il. Le jeune homme l’accepta et me le donna en prétextant que j’aurai plus de chance. Je le mis de côté et hélai notre quadragénaire. Il me fixa.

- Vous semblez connaître pas mal de choses sur Etain non ?
- Pas mal, sans doute. Je travaille dans ce bar depuis mes vingt ans.
- Peut-être pouvez-vous nous renseigner sur les Lefebvre.
- Les Lefevbre ?
- Ils ont eu un accident tragique sur la D603, dis-je.
- Je crois qu’on en avait parlé à l’époque, je m’en souviens oui.
- Tenez. Ca vous aidera peut-être.

Je dépliai l’article de journal comme une relique mortuaire.

- Ah oui ! Cette tragédie qui a soulevé encore quelques polémiques. Nous ne savions pas les circonstances de l’accident. Nous avons eu le droit à un discours du maire et de plusieurs campagnes sur la prévention routière. Le même topo à chaque fois. Je me rappelle de la mère. Inconsolable, anéantie. Le père, quant à lui était un homme très charpenté. Colossal.
- Savez-vous où puis-je les trouver ? Ils habitent encore Etain ?
- Après une perte pareille, vivre ailleurs serait la meilleure façon d’oublier, dit Camille.

Je le regardai, furieux. Pourquoi m’avoir donné l’espoir de les retrouver s’ils avaient quitté la ville ?
Notre homme alternait sa vision d’un individu à l’autre, ne sachant à qui répondre.
Finalement, il posa son regard vers moi.

- Aux dernières nouvelles, ils logeaient aux Clairs Chênes. C’est un vieux lotissement datant de 1950 et qui abritaient les troupes de l’OTAN.
- Hum… c’est pas la porte à côté les Clairs Chênes, répondit Camille. Désolé Logan mais sur ce coup, tu vas devoir y aller seul. J’ai quelque chose à faire. On se retrouve ici à 11h.

Avant que je ne puisse prononcer le moindre mot, le garçon paya sa consommation et fila rapidement. Je restai seul avec le barman.

- L’adresse s’il vous plait, dis-je laconique.
- Je ne l’ai pas. La gendarmerie pourra vous renseigner. Vous remontez la rue Raymond Poincaré jusqu’à Rue Justin Paul. On ne peut pas gourer, ça sera sur votre gauche. Dis-leur que tu viens de ma part. On se connaît tous.
- Merci. J’y arriverai je pense. Qui est Pascal Fabro ?
- Un homme bien.

Je n’insistai pas. Beaucoup de douleur dans ses mots.
Je grattai à mon tour le numéro fétiche. Le numéro quatre. J’empochai la somme de dix euros.
Finalement, c’est mon jour de chance aujourd’hui.

Par Dahikel - Publié dans : Logan Fabre
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Vendredi 8 juillet 2011 5 08 /07 /Juil /2011 21:04

Une douche, un repas et nous étions partis. Je retrouvai Christine. Usée, sale, à l'image du véhicule décrit par l'auteur Stephen King. Je m'exprimai d'une joie à peine dissimulée :


- Oh ! Qu'elle m'avait manqué cette bagnole. J'espère que je ne voyage pas dans le coffre cette fois-ci.
- Seulement si tu continues à te plaindre sur ma voiture, rétorqua Camille.
- Alors nous sommes d'accords, je fermerai ma gueule.

Le jeune homme me gratifia d'un sourire et désigna le siège passager pour m'inviter à monter. Direction Etain.
Camille m'expliqua en sortant d'Hoenheim qu'Etain était une petite ville située dans le département de Meuse, proche de la Capitale de la Paix, Verdun, rendue célèbre par les évènements qui s'y déroulèrent en 1916 durant la Première Guerre Mondiale. De mémoire, l'économie d'Etain se fondait sur l'Intermarché ainsi que les entreprises en tout genre qui longeaient la route principale. J'écoutai patiemment en perdant mon regard dans les ténèbres qui défilaient à travers la vitre tandis qu'il poursuivait l'histoire de sa ville natale.

- ...et pour finir, notre dernier maire en date était Picart. Une bonne blague ce gars d'après ce que j'avais entendu.
- Pourquoi avoir quitté ce patelin ?
- Divorce, travail, que sais-je ? Bref... les vieux soucis de couple dont a affaire chaque enfant dans une vie. J'ai logé à Verdun, puis près de Verdun pendant les trois-quart de ma vie. Après je suis arrivé en Alsace car nous savions que cette région est productrice. Les Alsaciens ont beau être des cons racistes, ils bénéficient d'un beau patrimoine culturel. Et y a du boulot.
- Mouais, dis-je peu convaincu. J'ai pas trop de souvenir d'enfance. J'habite en Alsace depuis quelques années. Adamswiller jusqu'au décès de ma mère. Comme si elle avait prévu le coup, un tuteur a été désigné. Sur le coup j'ai pas compris.
- Un tuteur ? dit-il intrigué.
- Une sorte de médecin spécialisé. J'ai pas noté sa profession. Il s'appelle Thierry Dant...
- ..dans ton cul ? répliqua Camille en éclatant de rire. L'écho de sa voix raisonna dans l'habitacle de sa bagnole pourrie.
- Très drôle, répondis-je blasé. T'as vraiment un humour de merde. J'ai l'impression de revoir Kevin Buck.
- Qui ?
- Un pote de classe en BTS. Je me demande ce qu'il devient.
- Et parle pas de mon humour, tu vas me blesser. J'entends mon Bichon.
- Pauvre petit, si j'avais le temps je te plaindrai.
- Seb' sors de ce corps !

Camille quitta les yeux de la route pour plonger son regard dans le mien. Comme s'il me sondait. L'effet fut immédiat et je ressentis un courant d'air froid me parcourir le long du dos. Je finis par ne plus engager la conversation. La tête posée contre la vitre, je me perdai dans mes souvenirs.
L'emmerdeur qu'était mon conducteur décida de briser le silence en moins de deux minutes à coups de guitares saturés et de double pédales. J'allais protester contre ce vacarme inattendu mais le son me plut. "DevilDriver, lâcha Camile. Directement fourni par mon frère."
Je cherchai quelque chose à dire mais le rythme effrené de la musique et la voix gutturale du chanteur empêchaient toute réflexion. Aussi, je préferai me taire et écouter l'album qui défilait.
Ainsi s'écoulèrent plusieurs heures de trajet accompagnées de Death Metal. A mi-chemin, juste après avoir traversé Metz, Camille coupa le son.

- Je sais pas si tu as déjà conduit une caisse, mais moi personnellement ça me tue. Il est plus d'une heure du matin. Trouvons une aire d'autoroute et dormons.
- Avec cette température ? T'es malade ! On va crever de froid.
- Tu veux revenir dans le coffre ? Pendant ta douche, j'ai chargé la voiture de couvertures. Elles schlinguent un peu mais ça fera l'affaire.
- C'est toute ta caisse qui schlingue tu veux dire...
- Va chier !

Nous continuâmes de rouler jusqu'à ce que l'endroit paraisse suffisamment paisible pour notre guide. Il s'aventura dehors en consultant au préalable le thermomètre. "Moins deux. J'ai connu pire à Verdun." dit-il comme s'il était parfaitement capable de déplier le transat, le parasol et de se dorer la pillule en hiver par un vent glacial. Il prétexta aller pisser (selon ses propres mots je précise) et revînt dans la voiture avec les couvertures à bout de bras.

- Une rose ou une noire ?

Je m'apprêtai à répondre qu'il trancha nette :

- C'est moi qui décide, alors t'auras la rose. Ca va si bien avec tes cheveux longs Princesse, s'exclama-t-il en rigolant.
- Eclate-toi, je perds pas mes cheveux moi.

Apparemment, j'ai visé juste.
Il s'arrêta de rire et s'endormit en moins de quelques minutes. Je soufflai.
Depuis ce matin, j'étais devenu l'intrépide Jack Bauer, à accumuler en moins de vingt-quatre heures toutes les emmerdes d'une vie. En dépit de la fatigue qui courrait dans mes muscles, mes yeux se portèrent sur la boîte à gants. Mû par une insatiable curiosité, j'ouvris son contenu et empochai un carnet, un stylo et une lampe-torche. Un vrai matériel de survie, me dis-je, riant intérieurement. Seul, au milieu de nulle part, je me décidai d'écrire ce qui serait l'histoire de ma vie. Ainsi je passai deux heures, à user du peu d'énergie qui me restait à détailler mon parcours ces deux derniers jours. Et à force de courbes manuscrites, de pages tournées, les dernières flammes de ma conscience se consumèrent. Je m'endormis.

Par Dahikel - Publié dans : Logan Fabre
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Jeudi 14 avril 2011 4 14 /04 /Avr /2011 19:23

Une tasse de thé vert à la menthe sur le côté, Camille devant moi, Céline en retrait et un chat sur mes jambes. Je ne pensais pas que la soirée pourrait virer au comique en si peu de temps surtout après les épreuves de ces dernières heures.
Le jeune homme s’étira péniblement tout en me balançant un sourire sardonique.

- Yo ! Tu viens ici pour me poser des questions sur ton passé ? Moi je croyais que tu te présentais car t’avais oublié ta veste en cuir, dit-il en la montrant.
- Non, répliquai-je sèchement. Je suis là, uniquement guidé par ma quête insatiable de réponses. Et c’est triste à dire, mais t’es mon dernier espoir.
- Quel honneur. Vraiment.
- J’ai besoin de toute ta concentration s’il te plait. J’ai en ma possession un vieil article de journal et une photo d’une tombe qui remonte de plusieurs années.

Je lui tendis les trouvailles issues des longues recherches au sein de mon domicile. Avant de lui confier en main propre ces biens, je jetai un œil à la tombe. « Jacques Lefebvre ». Ce nom ne me disait toujours rien. Camille s’en saisit et haussa un sourcil.

- T’as pas plus morbide comme article ? La mort de deux gamins dans un accident de voiture près d’Etain. Okay et après ? Comment t’as eu ça ?
- Je les ai trouvé, cachés sous un de mes placards quand je suis revenu chez moi à Adamswiller. Un individu qui m’en veut était en possession de mon adresse, je me suis dis que ma mère détenait quelque chose d’important ou qu’un message m’était adressé.
- Hum… et tu te dis comme ça : « Tiens ! Aujourd’hui je vais fouiller ma piaule, du peu qu’un mec cache des articles de journaux sous une armoire. ». C’est du délire ! Je ne crois pas au hasard et encore moins aux coïncidences.
- Tu crois en rien en fait… soufflai-je.
- Ouais ! On peut dire ça. Mais il y a quelque chose de troublant.
- Comment ça ?
- Cet article a été écrit en Lorraine. Etain étant une ville située à vingt kilomètres de Verdun.
- Verdun ?
- Première Guerre Mondiale, la bataille de Verdun en 1916. Ca te dit rien ? Bon, zappons… ce que je veux dire mon Bichon c’est que l’article vient de Lorraine. A toi de m’expliquer ce que fous un article Lorrain en Alsace.
- Je sais pas… balbutiai-je.
- Alors que sais-tu ?
- Je sais que je suis accusé d’un meurtre, enfin d’un double meurtre désormais. La première victime fut Christian Ackerman, un homme d’affaires si je me souviens. La coïncidence est qu’il a causé un accident il y a deux ans et que ma mère en est morte.
- Coïncidence… ? coupa Camille.
- Très bien ! Cet homme responsable meurt dernièrement. L’équipe du capitaine Backen a saisi l’affaire et par coïncidence, dis-je en évitant le regard de mon interlocuteur, Alexandre Ackerman, le frère de la victime poursuit une vendetta contre moi.
- Le Capitaine Backen est un homme respectable qui fera tout contrer les charges qui pèse sur toi. En fait, ce qui m’étonne c’est que tu sois à l’air libre.
- Il m’a libéré. Il va bien au-delà des emmerdes.
- Ouais je vois… il risque surtout de perdre son job. Concernant Alexandre, tu devrais te méfier. J’ai vu des règlements de comptes dépassant toute moral. Jusqu’où est-on capable d’aller par vengeance… ?
 
Je fixai intensément le contenu de mon tasse et en but une gorgée. Le liquide chaud me fit le plus grand bien. Les muscles de mon corps se relâchèrent un à un, se qui contraria le félin installé posément sur mes jambes. Il étala ses pattes et emplanta ses griffes dans mes genoux. Le petit enfoiré ! J’allais protester pour virer ce parasite mais Camille prit la parole :

- Si je te comprends bien, t’as déjà le problème de la police. Le deuxième serait en fait une personne, plus ou moins liée à toi qui agirait comme un juge ?
- Non ! le stoppai-je instantanément. Son but est clairement de me nuire. Il a voulu que je sois arrêté pour ce premier crime. Il a ensuite tenté de tuer toutes les personnes croisées sur mon chemin. Une de mes amies et la fille du capitaine, Lara Backen s’est battu contre ce bourreau…
- Et ? s’impatienta le jeune homme.
- C’est mon double.
- Hein ?!
- Je ne peux pas l’expliquer, je n’ai jamais eu de confrontation directe. Il semble jouer de moi. Les meurtres, mon adresse, et ces indices. Lara l’a décrit comme ma propre présentation : des cheveux longs, même proportion du visage, carrure identique, âge similaire. Tout coïncide encore une fois avec moi.
- Je suis sceptique. A voir ta gueule, je pourrai te comparer à n’importe quel adolescent métalleux. Si tu m’ajoutes trente centimètres de cheveux et que je me rase la barbe, je suis ton sosie identique. Pour moi, c’est juste un groupie qui t’a kiffé et qui veut faire le malin.

Camille éclata de rire. La brutalité sonore fut si soudaine que l’animal prit peur et d’étala en courant. « Oh le Lundi ! » poursuivit le jeune homme euphorique. Je le regardai sans comprendre. Je parlais sérieusement et mon interlocuteur n’avait que faire de mon enquête. La discussion fut suspendue un moment le temps que Camille reprenne ses esprits. Je ne désirai pas parler avec un individu aussi évasif.
Céline surgit soudainement pour me prendre à part.

- Logan, dit-elle. Je suis désolée de t’avoir dénoncée auprès de la police.
- C’est un peu tard pour s’excuser, rétorquai-je, l’amertume au bord des lèvres.
- Je pensais bien faire. Regarde-toi ! Tu es en piteux état. Je me disais qu’on pouvait éviter tout ça. Que tu serais en sécurité.
- Comme tu peux le constater, c’est raté. Tu sais ce que c’est une garde à vue ? J’ai été humilié ! Ramené plus bas que terre !
- Mais je…
- Non ! Non… tais-toi par pitié. Je ne veux plus t’entendre là-dessus.

De ses yeux s’écoulèrent quelques larmes scintillantes. Elle passa l’index sous son nez et renifla. « Désolée. » répétait-elle comme un écho. Je détournai la tête dans le salon. Camille jouait avec son chat et en insultant le deuxième de « difforme ». J’étais réellement chez les fous. Il ne manquait plus que la camisole et la cellule capitonnée.

- Céline. J’ai besoin de le connaître un peu plus. Qu’est-ce que tu peux m’apporter comme infos sur lui ?
- Des infos sur quoi ?
- Comment tu l’as connu, ce qu’il fait dans la vie, quels rapports avec lui… tout ! Je veux tout savoir de cet individu.
- Je retrouve le méfiant Logan, dit-elle avec une légère ironie dans la voix. Déjà en classe tu méprisais tout le monde. Toujours sur le qui-vive. Toujours la moindre parole prise au premier degré. Tu es sombre Logan, et je pense que c’est pour ça que j’ai été attirée par toi.
- Je te coupe Céline, c’est pas le moment de me faire des révélations sur toi. Juste Camille.
- Comme tu voudras, se résigna-t-elle. Je pense que tu as pu le voir, mais Camille est photographe. Il suit des cours à la MJM, une école d’art à Strasbourg. Cet appartement m’a été laissé par mes parents, j’avais besoin d’un colocataire pour partager les frais du loyer. Camille a répondu à l’une de mes annonces. Il disait « chercher la tranquillité ». A ma première rencontre, j’ai cru te voir à travers lui. Sous son air cynique et son humour déplacé se cache une personne au passé chargé. Il s’est ramené avec ses deux chats, sa guitare, un appareil photo, un livre et un silence extrêmement pesant. Maintes fois j’ai essayé de lui délier la langue mais j’ai fini par abandonner. Un soir, il s’est exprimé au sujet d’évènements qui se sont déroulés ces derniers mois. Il parlait vite, sans cohérence. Son esprit s’embrouillait et réfutait certains dires, comme s’il essayait de se convaincre que ça ne pouvait pas exister.
- De quoi parlait-il ?
- D’êtres maléfiques. Lui et ses amis furent la cible d’ennemis puissants. L’un de ses chats est même le dernier souvenir de sa copine. Elle a connu un « destin tragique » d’après lui. Au terme d’une importante dispute avec la famille de sa copine, il a emporté le chat pour « expier son acte ». En dehors de ces dires pour le moins inhabituels, Camille est en proie à des terreurs nocturnes, des sautés d’humeurs et parfois même des « coupures de l’esprit ».
- Autrement dit de la schizophrénie, conclus-je.
- C’est à peu près ça, oui. Ma mère travaille dans le milieu hospitalier, elle rencontre quelques fois des pathologies de ce type. Chez les schizophrènes, il y a des symptômes aigus et des symptômes négatifs. On peut noter le repli sur soi, le désintéressement total des autres, mais aussi un comportement plus « étrange ». Il ne faut pas voir ça comme quelque chose de péjoratif, mais un schizophrène a des hallucinations, des délires ou mêmes des incohérences. Chez Camille, ça se manifeste par un isolement mais également un délire de persécution, un « vol de la pensée ». Il est la cible de « Sombre Rois », des êtres malveillants qui veulent sa mort. Son esprit est scié en deux, partagé entre le Camille que l’on connaît, et un autre esprit différent du sien, ce qu’il appelle l’ « Esprit Servant ». Un corbeau qui lui dicterait des conseils et des avertissements sur les réflexions quotidiennes de sa vie. Et le dernier signe c’est ça…

Céline ouvrit une chambre partiellement vide. La pièce ne contenait qu’un lit et un bureau où trônait un livre noir. « Duma Key » de Stephen King.

- Cool ! m’écriai-je. Il aime Stephen King !
- En fait, ce livre est la dernière possession d’un de ses amis dont il a perdu contact et qui serait aussi en lien avec les événements de ces derniers mois. Par respect à sa mémoire, il ne l’a jamais lu et ne le lira jamais.

Elle referma la porte et m’entraîna dans le salon où Camille jouait désormais de la guitare. Son niveau était différent du mien. Bien mieux maîtrisé, mais un son plus mélancolique. Je me perdais dans la mélodie de sa composition mais Céline me ramena à la réalité.

- Tu sais désormais à qui tu as affaires. Camille et moi avions tenté d’avoir une relation, mais ce fut un échec. Il n’accorde pas sa confiance aux gens, et refuse de s’attacher par peur de commettre l’irréparable.
- Je dois achever ma discussion avec lui, après quoi je partirai avec ce que je sais.

Camille bougeait ses doigts sur les cases du manche avec une facilité déconcertante, sans même prêter attention à ce qu’il jouait. Admirant, je l’écoutais faire sans briser l’harmonie de sa musique. Enfin… jusqu’à ce qu’il se décide de chanter.

- Ça sonne faux, dis-je un sourire aux lèvres.
- Yo ! Joue « Never Leave Me » de Seether et chante ensuite. On en reparlera mon Bichon. Tu veux quoi ?
- Clore ce que pour quoi je suis venu.
- Très bien.

Il reposa la guitare sur le canapé et replia une jambe sur son genou. Les bras croisés, il resta immobile jusqu’à ce que je brise le silence. Ce que je fis :

- Tu as l’air d’avoir une opinion toute faîte sur mon cas. Jacques Lefebvre ça ne te dit rien ?
- Non, mais sa mère a vécu à Étain.
- Et alors, on va faire des recherches sur la mère Lefebvre ?
- Je te propose mieux que ça.
- Ah ? dis-je émerveillé.

Camille se leva et enfila sa veste prêt à partir. Puis il s’interrompit :

- Tu vas prendre une douche pendant que je vais promener mon chat. Tu schlingues.

La pression retomba d’un coup. Camille eut l’effet escompté car un large sourire se dessina sur ses lèvres. Mes bras m’en tombaient. Je pensais tout miser sur lui. Je partis à contrecœur en direction de la douche quand il m’appela une seconde fois.
Je m’attendais à ce qu’il me dise de ne pas oublier le savon ou de prendre une serviette quelque part. Non, ce fut tout autre :

- Prends une douche, et on part pour Étain.

Par Dahikel - Publié dans : Logan Fabre
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